Bien fait de sa personne et vêtu avec soin, Melpo Mene aurait l’air parfaitement normal s’il ne se peignait le contour des yeux en rouge : ce maquillage inquiétant semble être le signe irréfragable que quelque chose ne tourne pas rond. Jeudi dernier, en se produisant sur la scène du Centre culturel Suédois à Paris, le jeune compositeur pop-folk nous a confortés dans cette impression. Lorsqu’il arrive avec l’air perdu, il avoue être « très nerveux » à l’idée de jouer devant le public, qui se résume à une cinquantaine de personnes, et commence un « air romantique ». Il enchaîne sur Holes, mais doit s’interrompre car sa guitare est désaccordée. Il accuse le voyage en avion, reprend avec plus de succès. Après chaque chanson, l’auditoire a le droit à une petite histoire. Sa sœur qui a pleuré dans le métro à Stockholm, les problèmes de ménage de son autre sœur qui habite avec un surfer désordonné dans le sud de la France. Car pour contrer sa peur, Melpo Mene a trouvé une solution imparable : il parle. De tout, de sa famille, des relations amoureuses, des différences entre les hommes et les femmes. Il se moque du public, de lui-même, badine. Il annonce son très doux Hello Benjamin en expliquant : « C’est mon tube. C’est mon Smells Like Teen Spirit ». Finalement, on passe un agréable moment en la compagnie de Melpo Mene, tantôt bercé par ses comptines folk sucrées, tantôt ragaillardi par ses plaisanteries. On regrette toutefois que la prestation live déprécie la qualité des chansons : la production léchée et sensuelle des deux albums Holes (2007) et Bring The Lions Out (2008) disparaît derrière le bricolage scénique d'un personnage attachant et abracadabrant.
dimanche 23 novembre 2008
Melpo Mene au Centre culturel suédois (Paris), 19/11/08
Bien fait de sa personne et vêtu avec soin, Melpo Mene aurait l’air parfaitement normal s’il ne se peignait le contour des yeux en rouge : ce maquillage inquiétant semble être le signe irréfragable que quelque chose ne tourne pas rond. Jeudi dernier, en se produisant sur la scène du Centre culturel Suédois à Paris, le jeune compositeur pop-folk nous a confortés dans cette impression. Lorsqu’il arrive avec l’air perdu, il avoue être « très nerveux » à l’idée de jouer devant le public, qui se résume à une cinquantaine de personnes, et commence un « air romantique ». Il enchaîne sur Holes, mais doit s’interrompre car sa guitare est désaccordée. Il accuse le voyage en avion, reprend avec plus de succès. Après chaque chanson, l’auditoire a le droit à une petite histoire. Sa sœur qui a pleuré dans le métro à Stockholm, les problèmes de ménage de son autre sœur qui habite avec un surfer désordonné dans le sud de la France. Car pour contrer sa peur, Melpo Mene a trouvé une solution imparable : il parle. De tout, de sa famille, des relations amoureuses, des différences entre les hommes et les femmes. Il se moque du public, de lui-même, badine. Il annonce son très doux Hello Benjamin en expliquant : « C’est mon tube. C’est mon Smells Like Teen Spirit ». Finalement, on passe un agréable moment en la compagnie de Melpo Mene, tantôt bercé par ses comptines folk sucrées, tantôt ragaillardi par ses plaisanteries. On regrette toutefois que la prestation live déprécie la qualité des chansons : la production léchée et sensuelle des deux albums Holes (2007) et Bring The Lions Out (2008) disparaît derrière le bricolage scénique d'un personnage attachant et abracadabrant.
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